VBReVrB - Copie (10) - Copie

« Ted et moi connaissons l'identité de celui qui héberge le diable dans son propre corps.
- Celui ? »
Marie hoche positivement de la tête avant de poursuivre, craignant pour la suite de cette conversation par la même occasion.
« Le diable n'est autre que ton père.
- Quoi ?
- Et je sais que c'est dur à entendre mais c'est pourtant la vérité. »
Encore une fois, Garett se réfugie dans le silence même si c'est le bordel dans sa tête.
« Lorsque Maman s'est mariée avec lui, elle ne savait pas qui il était réellement. Elle l'a découvert plus tard et pour te protéger, elle n'a pas hésité à faire des rituels tous les jours.
- Attends, je n'arrive pas à comprendre, coupe l'homme. Ta mère s'est mariée avec lui à quel moment ? »
Suite à cette question, Marie sourit à son ami avant de l'interroger à son tour.
« Tu m'autorises à écrire sur ton sol ?
- Oui. »
Comme Garett a encore du mal à se remettre de la nouvelle, il se montre totalement incapable de raisonner normalement. S'il a dit oui, c'est parce que cet homme avait surtout besoin de temps pour réfléchir encore. De son côté, Marie descend de son tabouret et s'immobilise là où il y a de la place. Ensuite, elle sort une craie de l'une des poches de son veston et s'accroupit. A ce moment, la femme dessine une triquetra et une fois celle-ci terminée, Marie se remet debout et s'éloigne pour réciter un rituel.
« J'implore l'aide de mes déités afin que les portes de l'au-delà s'ouvrent suite à ma demande et je suis prête à vous offrir mon énergie voir ma vie. Permettez à celle que j'aime et qui me manque de venir parmi nous. »
Une première poussière lumineuse s'élève au-dessus de la triquetra, suivie très rapidement par une multitude de grains tout aussi brillant. Quelques secondes plus tard, une silhouette commence à se dessiner et lorsque ses traits font leur apparition en même temps qu'une chevelure blonde, Garett est une nouvelle fois submergé par l'émotion. C'est avec une grande difficulté qu'il parvient à articuler la chose suivante :
« Ta mère est le sosie parfait de la mienne. »
La troisième personne qui se tient au centre de la triquetra est la femme que Marie a vu dans son rétroviseur, il y a de cela quelques jours. La défunte fraîchement apparue s'exprime alors.
« C'est de cette façon que compte m'accueillir celui que j'aime par-dessus tout ? »
Suite à cette question, le propriétaire des lieux a besoin de plusieurs secondes pour réaliser ce qui est en train de se produire.
« Maman ? »
La blonde se contente alors de hocher positivement de la tête en guise de réponse. A ce moment, Garett quitte son tabouret et contourne le comptoir à la hâte afin d'aller se blottir dans les bras de sa mère dans lesquels il s'abandonne totalement. Pendant ce temps, Marie observe la scène et ne peut retenir ses larmes. Alors que Garett pleure toujours dans l'étreinte affective de la défunte, voilà qu'on sonne à la porte d'entrée.
« Je vais ouvrir. » Fait savoir Marie tout en essuyant ses larmes.
Cette dernière quitte la cuisine pour connaître l'identité de la personne qui rend visite à Garett à cette heure. Une fois dans le hall, la femme aperçoit Laurence de l'autre côté de la porte, ce qui l'a motive à ouvrir.
« Marie ? Se montre étonnée Laurence. Cela tombe bien que tu sois là.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- J'ai la marque ! »
Laurence lève la manche droite de sa veste rouge et dévoile un croissant de lune tatoué sur sa peau. Près de l'astre nocturne, une petite triquetra.
« Tu es la cinquième ?
- Il faut croire. Tu crois que je peux entrer pour en discuter avec toi ?
- Oui, bien sûr. »
Alors que Laurence fait ses premiers pas dans la maison de Garett, une question ne tarde pas à lui brûler les lèvres.
« Garett n'est pas là ?
- Si et il est dans la cuisine avec notre mère.
- Votre mère ?
- Oui. Viens et tu vas comprendre.
- D'accord. »

A plusieurs kilomètres de là, John reçoit la visite de Michaël et d'Aïda. Les trois amis se tiennent dans la cuisine du premier et tandis qu'une casserole d'eau chauffe sur une plaque de la gazinière, une conversation a lieu.
« Merci de nous recevoir à cette heure.
- De rien Michaël. Qu'est-ce qui se passe ?
- Nos montres ont détecté une grande énergie positive chez Garett.
- Et tu sais quelle en est l'origine ?
- Non mais Laurence est partie voir. S'il se passe un truc grave, je serais prévenue, fait savoir Aïda.
- Laurence s'y trouve en ce moment ? »
Cette information étonne beaucoup John, surtout que Michaël se tient devant lui.
« Comment se fait-il que tu sois là et non à la place de Laurence ?
- Elle devait voir Garett pour un détail important.
- Et tu sais ce que c'est ?
- Non car je me suis gardé de lui demander. »
Alors que de la vapeur s'échappe de la casserole, John s'en approche tout en discutant avec la seule femme présente dans la pièce.
« Et toi, tu étais passée où pendant tout ce temps ?
- Sincèrement, je n'en possède aucun souvenir.
- Vraiment ? » Lui demande John en la regardant droit dans les yeux pour être sûr qu'elle ne plaisante pas.
Lorsqu'il y voit de la sincérité dans son regard, l'homme comprend que la conversation est très sérieuse.
« Et cela ne t'inquiète pas plus que ça ?
- Ben non. De toute façon, je ne pense pas qu'il me soit arrivé quelque chose de grave car Catherine était avec moi. »
Suite à cette révélation, John abandonne sa casserole mais songe tout de même à fermer le gaz. Peu après, il tourne son visage pour observer la marocaine.
« Tu as dit Catherine ?
- Ben oui. Elle ne vous a rien dit ?
- A propos de quoi ?
- De notre relation ? Catherine et moi sommes en couple depuis un moment. »
Suite à cette annonce, John s'en retrouve bouche bée, ce qui n'est pas le cas de Michaël.
« J'ignore comment tu fais pour sortir avec elle car moi, je n'aurais pas confiance.
- Pourquoi tu dis ça ? Lui demande Aïda.
- Sincèrement, il va falloir que tu te remettes dans le bain car là, ce n'est plus possible. Bref, Catherine sera renvoyée de l'agence au début du mois prochain.
- Tu es sérieux ?
- Oui et c'est le prix à payer pour son insolence et pour sa volonté à nous nuire.
- Nous nuire ? »
Désormais, c'est dans l'esprit d'Aïda que tout se bouscule.
« Comme tu le sais, Catherine détenait les premières archives et même si elle a accepté de nous les rendre, elle ne s'est pas empêchée de se jouer de nous, poursuit Michaël.
- Comment ça ?
- Dans le dossier qu'elle nous a donné, il n'y avait que des pages blanches.
- D'accord mais pourquoi aurait-elle fait ça ?
- On commence à se demander si elle n'est pas au service de notre ennemi. »
Aïda n'en croit pas ses oreilles et ignore quoi penser. Toutefois, étant très amoureuse de celle qui partage sa vie affective, la femme n'y croit pas.
« Non, je suis sûr que vous vous trompez. »