VBReVrB - Copie (18)

Au bout de plusieurs minutes de marche parmi le réseau de tunnels que compte les égouts de la ville, Aurore s'arrête devant une porte métallique. Celle-ci est fermée et l'on peut voir un petit panneau rouge vissé dessus.
« Danger, câbles électriques, lit Tania.
- J'aime bien cette façon qu'à ce bâtard pour détourner l'attention. » Dit Garett, rongé par la colère et la haine.
L'homme pose sa main droite sur la poignée de la porte et tire dessus. Aussitôt la voie ouverte, une forte odeur de renfermée agresse le nez des deux agents. Avec sa lampe torche, le voisin de Tania cherche un interrupteur sur le mur à sa gauche et une fois trouvé, la lumière apparaît quelques secondes plus tard. A ce moment, une petite pièce comprenant une table en formica, deux chaises et une armoire en ferraille se dévoile sous leurs yeux. Au fond de la salle, un lit et sur ce dernier repose un squelette dont les poignets sont attachés à des tuyaux longeant le mur à proximité, via des menottes. En s'approchant du matelas, Garett aperçoit plusieurs tâches noires sur le tissu délavé.
D'ailleurs, le jeune homme n'a pas besoin de sollicité l'aide d'Aurore pour connaître cette partie sombre de ce passé lui appartenant, comme il a l'habitude de le faire avec chaque défunt qu'il rencontre. Tout à coup, Garett a une idée et décide d'en faire part à sa collègue.
« Faut que je demande à Marie s'il est possible de faire une invocation qui puisse attirer Stéphane ?
- Dans quel but ? Questionne-t-elle.
- En finir avec lui une bonne fois pour toute. »
A cet instant, Tania réalise qu'elle est déjà en train de penser comme une véritable Wicca, ce qui l'amuse beaucoup.
« Nous ne pouvons lui faire du mal.
- Je sais mais nous ne pouvons pas le laisser agir de la sorte. Pour son exécution, je suis sûr que Christine pourra s'en charger.
- On pourrait aussi utiliser un rituel pour neutraliser ses pouvoirs et empêcher ton père de lui venir en aide.
- Aussi mais je préfères les solutions extrêmes.
- C'est ce que je constate. »
Après cette conversation, Garett sort son téléphone portable de l'une des poches de son pantalon et compose le numéro de Laurence. En attendant que cette dernière décroche à l'autre bout du fil, Tania s'approche de la fillette pour obtenir d'autres informations.

A plusieurs mètres de là, Aïda, Julia, John et Dan sont réunis autour de la table rectangulaire. Alors qu'ils travaillent tous attentivement sur leur enquête respective, un logo s'affiche dans le centre du mobilier. De suite, Julia pose l'extrémité de son index droit sur le dessin.
« Bonjour, c'est Garett.
- Bonjour, que pouvons-nous faire pour toi ?
- J'aimerai savoir si vous voulez vraiment nous aider à coincer définitivement Stéphane ?
- Et comment ! Aurais-tu un plan ?
- Oui.
- Dans ce cas, l'un d'entre nous devra se rendre chez toi.
- Pourquoi pas.
- Je veux bien m'en charger, se mêle Dan.
- Cela sera avec plaisir, lui répond le jeune homme dont la voix ne cesse de résonner dans la grande salle.
- Cool et tu aurais une heure de préférence ?
- Non, passe quand cela t'arrange.
- Entendu. A plus tard Garett.
- A plus tard Dan. »
Le logo s'éteint, signe que la conversation est terminée. Alors que Dan range ses affaires avant de se lever de sa chaise, John se montre rassuré.
« Je suis content de constater que Garett a encore besoin de nous.
- Parce que tu pensais qu'il allait nous tourner le dos ? Demande Aïda.
- Oui.
- Pourquoi ?
- Parce qu'il appartient à une nouvelle agence et forcément, il a de nouveaux collègues vers qui se tourner lorsque cela se veut nécessaire. »
Aïda se rend compte que les propos de son collègue n'ont rien de stupide, bien au contraire. Alors que Dan quitte la pièce pour se rendre à son rendez-vous avec Garett, la sœur de Mehdi ne se sent pas très bien. De suite, elle s'enfonce davantage dans son fauteuil et ferme les yeux pour voir si elle peut se sentir mieux. Suite à ce comportement, John s'inquiète.
« Tout va bien Aïda ?
- Oui, c'est juste un petit vertige, pas de quoi s'alarmer. »
Une fois que le mal-être est passé, la marocaine ouvre les paupières et retire son dos du dossier.

Ailleurs, dans une pièce sombre, une silhouette trône sur ce qui ressemble à un siège. Devant lui, trois personnes ayant un genou sur le sol.
« Où en sommes-nous au sujet de la récolte des âmes pures ?
- Nous sommes un peu au point mort maître, répond un homme.
- Comment se fait-il ?
- La sécurité de la ville s'est considérablement accentuée ces derniers jours et comme nous avons perdu la main sur l'orphelinat…
- Il est vrai que rien n'est fait pour arranger la situation. Stéphane !
- Maître ?
- Je te laisse carte blanche pour me trouver de nouvelles âmes et le plus vite sera le mieux.
- A vos ordres. »
D'un battement de paupières, le criminel disparaît de la pièce afin de remplir sa mission. Pendant ce temps, le père de Garett reste en compagnie des deux autres individus.
« J'ai tellement de choses à savoir que j'ignore par quoi commencer. D'ailleurs, comment se porte mon fils ?
- Plutôt bien maître, répond le père de Mathieu. Par contre, il n'est plus aussi isolé qu'auparavant.
- Explique-toi !
- Votre ancienne femme lui a rendu visite dernièrement.
- Quoi ? Comment a-t-elle réussit ?
- Par l'intermédiaire de cette Marie qui n'est autre que sa propre fille.
- Le triquetra est presque complet. Il faut remédier à ce problème de toute urgence.
- Je suis partant pour m'en occuper si vous n'y voyez aucun inconvénient, dit la troisième personne qui n'est autre qu'une fille.
- Et je sais que tu es faite pour cette mission. Là encore, tu as ma confiance totale et j'espère que tu ne me décevras pas.
- Ne vous en faîtes pas à ce sujet, maître. »

Dans la planque se trouvant sous le bassin du parc, Tania et Garett attendent l'arrivée de l'équipe scientifique. Tout à coup, voilà que des pas résonnent en provenance du couloir se font entendre. Quelques secondes plus tard, une femme et un homme vêtus de noir entrent dans la pièce. Ces derniers semblent d'origine asiatique aux vues de leurs caractéristiques physiques et à ce moment, Tania sait de suite de quoi il retourne.
« Vous ne pouvez pas venir me voir chez moi au lieu de violer cet endroit de vos présences ?
- Nous sommes passés à ton adresse et tu n'étais pas là. » Répond froidement la femme qui vient d'entrer.
Celle-ci a de longs cheveux noirs coiffés en une belle tresse qui repose le long de son dos et ses yeux sont marron. Le teint de la femme est plutôt coloré et son corps est recouvert d'une tenue de cuir entièrement fermée par une fermeture éclair qui se promène tout le long de son torse.
« C'est lui le propriétaire du livre des prédictions ?
- Pourquoi ? Demande Tania. »